La prononciation de N en fin de mot

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La lettre n correspond en gascon à deux sons différents:

- [n]: "n dental", se prononce avec la langue à la racine des dents;

- [ŋ]: "n vélaire", se prononce avec la langue placée sur le voile, prolongement membraneux du palais vers l'arrière de la cavité buccale.

En fin de mot, n se prononce différemment selon la classe à laquelle appartient le mot (verbe, nom...) et selon les lieux.


Sommaire

N final dans les formes verbales

N apparaît à la troisième personne du pluriel des verbes conjugués et se prononce généralement comme un n dental:

Que son. [ke ˈsun ]

Que cantan. [ke ˈkantɔn]

Toutefois, dans le Lot-et-Garonne, le nord et le centre du Gers et presque tout le Comminges, c'est un n vélaire qu'on prononce:

Que son. [ke ˈsuŋ]

Que cantan. [ke ˈkantɔŋ]


N final des autres mots: cas général

À la fin des autres mots, n final se prononce généralement [ŋ] (n vélaire):

Doman, qu'auram pan e vin. [duˈmaŋ, kawˈram ˈpaŋ ˈe ˈβiŋ]

Toutefois, ce [ŋ] a disparu en Béarn et dans les Hautes-Pyrénées. Soit on ne prononce rien du tout, c'est le cas des Hautes-Pyrénées et des vallées montagnardes béarnaises:

Doman, qu'auram pan e vin. [duˈma, kawˈram ˈpa ˈe ˈβi]

Soit il en reste une trace: la voyelle précédente est plus ou moins nasalisée, c'est-à-dire prononcée en évacuant l'air en partie par les narines, c'est le cas de tout le Béarn non-montagnard:

Doman, qu'auram pan e vin. [duˈmã, kawˈram ˈpã ˈe ˈβĩ]

Dans les noms et adjectifs qui se prononcent avec n vélaire, dans les zones correspondantes, devant s du pluriel celui-ci peut être prononcé ou disparaître, suivant les zones:

los cans [lus kaŋs] (Landes), [lus kas] (Gers).

N se prononce également [ŋ], ou disparaît, suivant les régions, dans de nombreux toponymes gascons comme Juranson,Madiran...

N final des autres mots: cas particuliers

N dental

Dans certains mots (qui ne sont pas des verbes), n final se prononce [n] (n dental) dans l'ensemble du domaine gascon.

Il s'agit tout d'abord de mots existant depuis longtemps dans la langue et d'emprunts divers:

adarron

Aimon (Aymon, personnage de la littérature)

aliban (/aliman)

an

arron

Artaban

(a)ton

augan

balin-balan

bon (lorsqu'il est employé seul comme interjection, ou dans lo bon Diu)

bren

cancan

carcan

carlaman

carrin-carran

caven

chin

chorrin-chorran

clin

cohen

con

crin-crin

curran

curron

demon (francisme pour demòni)

din-din (onomatopée)

din-don (onomatopée)

dindon-dindon

divan

dondèna dondon

drin

emban

empan

endan

engan

enguan

entertien (/entretien)

entien/ entin, "tout de suite"

entin, "chantier"

estron

examen

forban

galin

gran

grenchin-grenchan (onomatopée)

guerlin-guerlan

gusman

man, "stérile"

mieitan

mon (possessif)

mon (forme ancienne de monde)

nan

on

pairan

pan, "pan de mur"

partisan

patin (dans e patin e patèna)

paulin

pregon

quan

quin

rapian

redon

riban

roman, "roman" (genre littéraire)

Satan

segon

son (possessif simple)

s(h)orrin

sostien

tin-tan (onomatopée)

tin-tin (onomatopée)

tinticatan (onomatopée)

ton (manière de parler)

ton (possessif simple)

ton-tan (onomatopée)

zon-zon (onomatopée)

C'est aussi le cas des prénoms Bertran et Jan ou Joan, des formes verbales de la troisième personne du singulier des verbes en -éner et en -óner: enten, hen, pen, pren, ten, tien, ven et vien, escon, hon, respon et et de leurs composés (apren, con·hon...), et de certains toponymes comme Montardon ou Orion.

C'est également le cas de mots entrés récemments dans la langue: mots en -èn comme diafan, eslovèn, oxigèn..., mots divers comme plan ("un plan") et ses composés, clan, fan, han (peuple de Chine), Neptun, roman ("un roman'), tsigan… y compris les toponymes étrangers qui n'étaient guère employés jusqu'à présent en gascon: Afganistan, Iran, Liban, Teheran...

Enfin, on a un n dental dans les diminutifs en -in: berogin [beɾuˈjin] ou [beɾuˈʒin].

  • Toutefois, dans d'autres emprunts, plus anciens, c'est un n vélaire [ŋ] ou muet que l'on a: artisan, charlatan, cortisan, safran.

Le cas de TAN

L'adverbe tant s'écrit tan devant les adjectifs et les adverbes commençant par une consonne:

tant urós

tan viste

De même devant les locutions adjectivales et adverbiales:

tant a la corruda

tan de clar en clar

Ces deux formes peuvent se prononcer également [tan]. Toutefois, dans un grand nombre de lieux à travers toute la Gascogne, tan se prononce [ta]:

tan segur [ˈtan seˈɣy], [ˈta seˈɣy].

Le cas des toponymes gascons

Dans les toponymes gascons, n final peut être un n dental [n], ou un n muet. Se prononcent avec un n dental: Aucun, Aran, Montardon, Orion, Pueilahun, Sent Goen... et, avec n suivi de s, Arrens, Trebons et Coserans... Se prononcent avec un n muet ou vélaire: Arrustan, Campan, Loron, Madiran, Nebosan, Sarrancolin, et, devant s, Lons.

Ces listes ne sont évidemment pas limitatives.

Le cas de n final des paroxytons

Certains paroxytons (mots ayant l'accent tonique sur l'avant-dernière syllabe) se terminent par n; ce n est toujous muet: arràfen, òrguen, Guíshen, Bidàishen, Dònhen, Vidèren.

On notera que la forme d'ailleurs que la forme de gérondif en dísent se prononce dans beaucoup d'endroits [en ˈdize].

Le cas de UN AUTE

Dans un aute, le n se prononce [ɲ], c'est-à-dire comme nh dans montanha. Ainsi, un aute se prononce [yˈɲawte] et même [ˈɲawte]. On trouve parfois la graphie 'n aut, qu'il convient d'éviter.

En Béarn et Bigorre, ua auta présente la même prononciation que un aute.

Divers

  • N est, selon les lieux, vélaire ou muet dans autan ("l'autan") et tron ("tonnerre", mot ancien).
  • N doit être, selon les lieux, vélaire ou muet dans bon Diu et bon ser. Il faut s'attacher à prononcer ces séquences correctement.
  • panquesa ("belette") se prononce selon les lieux [paŋˈkezɔ], [paˈkezɔ] ou [pãˈkezɔ]. Ce mot est un hispanisme, composé des mots pan et queso.
  • Dans non, le n final semble partout muet à l'heure actuelle. L'étude de textes antérieurs au XXe siècle montre qu'il était prononcé en maints endroits.
  • On prononce n dental, devant s, dans le mot volons employé dans la locution volons o non: "bon gré mal gré".